La saison 2026/2027 reprend : pourquoi les maillots de foot n’ont jamais autant changé

La coupure estivale touche à sa fin. Pendant quelques semaines, on a parlé mercato, transferts, préparation et rumeurs en tous genres. Mais comme chaque année, le plus important arrive enfin : les championnats vont reprendre. Et avec eux, les nouveaux maillots vont prendre vie.

C’est toujours un moment assez particulier quand on aime les maillots de football. On les découvre plusieurs mois avant le premier match, on regarde les photos, on se demande ce que le club a bien pu imaginer cette fois-ci, puis on les voit pour la première fois sur le terrain. Certains sont réussis, d’autres beaucoup moins, et il y en a toujours quelques-uns dont on se dit qu’ils vont probablement très bien vieillir.

C’est d’ailleurs assez drôle quand on regarde les anciens maillots avec le recul. Ceux que l’on trouve aujourd’hui magnifiques n’étaient pas forcément ceux qui faisaient l’unanimité à leur sortie. À l’inverse, certains modèles qui semblaient modernes à l’époque ont aujourd’hui pris un sacré coup de vieux. Alors que la saison 2026/2027 s’apprête à démarrer, c’est donc l’occasion de revenir sur la façon dont les maillots ont évolué depuis les années 80. Parce qu’entre les tenues assez classiques de l’époque et celles que l’on voit aujourd’hui, il y a eu quelques changements.

Dans les années 80, le maillot avait encore quelque chose de très simple

Quand on regarde les maillots des années 80, la première chose qui saute aux yeux, c’est leur simplicité. Pas forcément dans le mauvais sens du terme. Les clubs jouaient davantage avec leurs couleurs historiques et les équipements étaient généralement moins chargés. Les matières étaient aussi très différentes. Les maillots étaient plus épais, les coupes beaucoup plus larges et on était encore très loin des vêtements ultra-techniques portés aujourd’hui par les joueurs.

Adidas était déjà une référence, mais Umbro, Puma, Le Coq Sportif et d’autres équipementiers occupaient également une place importante. C’est aussi à cette période que le sponsor commence réellement à devenir incontournable. Et quand on regarde certains maillots aujourd’hui, le sponsor fait presque partie du club. Un supporter de Manchester United pense forcément à Sharp lorsqu’il voit certaines anciennes tenues. Pour Arsenal, le logo JVC est devenu indissociable d’une époque. À Parme, difficile de dissocier certains maillots de Parmalat et de l’équipe exceptionnelle du milieu des années 90.

À l’époque, c’était simplement le sponsor du maillot. Aujourd’hui, c’est devenu un morceau de son histoire.

Puis les années 90 sont arrivées et les choses se sont un peu emballées

S’il y a une décennie qui a marqué l’histoire du maillot de football, c’est bien celle-là. Les années 90 ont donné naissance à des maillots que l’on reconnaît en une seconde. À cette époque, les équipementiers ont beaucoup plus de liberté. Les motifs apparaissent partout, certains maillots mélangent trois, quatre voire cinq couleurs, les formes géométriques sont à la mode, les cols deviennent imposants et les coupes sont souvent très larges.

Avec le recul, certains designs sont franchement surprenants. Mais c’est aussi ce qui fait leur charme. Aujourd’hui, un maillot des années 90 se reconnaît presque immédiatement. Il suffit parfois d’apercevoir quelques secondes une tenue à la télévision pour savoir qu’elle date de cette période.

Et puis il y a les équipementiers. Adidas, Nike, Umbro, Kappa, Reebok, Puma… la concurrence est forte et chacun cherche à se démarquer. Nike commence notamment à prendre une place considérable dans le football mondial. Kappa va marquer la fin des années 90 avec ses maillots très près du corps, tandis qu’Umbro reste associé à de nombreux designs particulièrement originaux. Il y avait une vraie prise de risque, et personnellement, c’est probablement ce qui me plaît le plus dans les maillots de cette époque.

Les maillots n’étaient pas forcément beaux. Ils avaient surtout du caractère.

C’est une nuance importante. On voit aujourd’hui beaucoup de classements sur les « plus beaux maillots des années 90 », mais tous ne sont évidemment pas magnifiques. Certains sont même assez difficiles à regarder. Et pourtant, ils sont intéressants, parce qu’ils racontent parfaitement leur époque.

Un maillot très coloré avec un gros sponsor, une coupe large et un motif géométrique peut sembler complètement dépassé aujourd’hui. Mais c’est justement ce qui le rend reconnaissable. Il n’essayait pas de ressembler à un autre. Et c’est peut-être ce qui manque parfois aux maillots actuels : cette capacité à être immédiatement identifiable.

Le sponsor pouvait changer complètement un maillot

Quand on commence à s’intéresser sérieusement aux maillots vintage, on se rend compte que la question du sponsor est beaucoup plus importante qu’on pourrait le penser. Prenez deux maillots d’un même club, avec les mêmes couleurs et quasiment le même design. Changez le sponsor et vous avez parfois l’impression d’avoir deux époques complètement différentes.

C’est particulièrement vrai pour les grands clubs européens. Les sponsors ont accompagné les grandes périodes de leur histoire et certains sont aujourd’hui devenus presque mythiques. C’est aussi pour cela qu’un collectionneur va parfois rechercher une saison très précise plutôt qu’un simple maillot d’un club. Il peut vouloir le modèle porté par un joueur particulier, avec son flocage, ou celui d’une saison où le club a remporté un titre. Le maillot devient alors beaucoup plus personnel.

Il ne représente plus seulement un club. Il représente une période, un joueur, un souvenir.

Les Coupes du Monde ont également laissé leur empreinte

Les maillots des sélections ont suivi la même évolution. Les années 90 ont notamment été une période assez folle pour les équipes nationales. Les équipementiers ont profité des grandes compétitions pour sortir des tenues très marquées visuellement, et certaines sont devenues indissociables d’un moment précis.

Pour nous, en France, le meilleur exemple reste évidemment 1998. Le maillot porté par les Bleus cette année-là n’est pas particulièrement extravagant. Pourtant, il possède aujourd’hui une aura que beaucoup d’autres maillots français n’ont pas.

Pourquoi ? Parce qu’il est associé à quelque chose de beaucoup plus grand que son design. Il rappelle Zidane, Deschamps, Barthez, la finale contre le Brésil et cette soirée du 12 juillet 1998. C’est là qu’on comprend vraiment pourquoi certains maillots prennent de la valeur avec le temps. Ce n’est pas forcément parce qu’ils sont les plus beaux. C’est parce qu’ils racontent quelque chose.

Les années 2000 ont commencé à changer la silhouette des joueurs

Au début des années 2000, les maillots commencent à se rapprocher progressivement de ceux que l’on connaît aujourd’hui. Les équipementiers travaillent davantage sur la technologie des tissus, les maillots deviennent plus légers et les coupes commencent à se resserrer. Mais il reste encore beaucoup de choses héritées des années 90.

Les sponsors sont bien visibles, les designs peuvent encore être assez originaux et les équipementiers continuent à expérimenter. C’est une période que l’on oublie parfois lorsqu’on parle de vintage. Pourtant, les maillots du début des années 2000 commencent eux aussi à prendre une vraie valeur sentimentale. Pour les plus jeunes collectionneurs, ce sont souvent les maillots de leur enfance. Et c’est exactement comme cela qu’une nouvelle génération de maillots devient vintage.

Aujourd’hui, le maillot est devenu un véritable produit de mode

Il y a encore vingt ans, porter un maillot de football en dehors d’un stade ou d’un jour de match était assez différent de ce que l’on voit aujourd’hui. Le phénomène a complètement changé. Le maillot est désormais régulièrement associé au streetwear. Des personnes qui ne supportent pas forcément le club portent parfois une tenue simplement parce qu’elles aiment son design.

Et les marques l’ont bien compris. Les clubs sortent plusieurs maillots par saison et certains modèles sont clairement pensés pour être portés aussi bien dans les tribunes que dans la rue. Les anciens maillots profitent énormément de cette tendance. Un modèle des années 90 avec un motif original et une coupe assez large peut finalement correspondre parfaitement aux vêtements que l’on porte aujourd’hui.

Le vintage n’a donc pas seulement survécu. Il est revenu à la mode.

Et les maillots 2026/2027 dans tout ça ?

C’est là que la reprise des championnats devient intéressante. Les nouvelles tenues sont désormais dévoilées et vont bientôt être portées chaque semaine sur les terrains. Dans quelques mois, certaines seront déjà associées à des souvenirs précis.

Mais lesquelles ? Impossible de le savoir. Et c’est justement ce qui rend la chose intéressante. On peut trouver un maillot magnifique aujourd’hui et l’oublier complètement dans cinq ans. À l’inverse, un modèle qui divise les supporters au moment de sa sortie peut devenir extrêmement recherché quelques années plus tard.

Il suffit qu’il soit associé à une grande saison : un titre, une victoire européenne, l’éclosion d’un joueur, un parcours inattendu ou même simplement une période que les supporters auront envie de retrouver.

Peut-être que les futurs maillots vintage sont déjà dans nos armoires

C’est probablement la meilleure façon de voir les choses. Le vintage n’apparaît pas du jour au lendemain. Le maillot que l’on considère aujourd’hui comme une pièce de collection était, à sa sortie, un simple maillot de la nouvelle saison.

Quelqu’un l’a acheté en boutique, quelqu’un l’a porté dans les tribunes, quelqu’un l’a offert à son fils, puis il a été rangé dans un placard. Vingt ans plus tard, quelqu’un d’autre cherche exactement ce modèle sur internet.

C’est comme ça qu’un maillot devient vintage. Et c’est aussi pour ça que la reprise d’une saison est toujours intéressante quand on aime les maillots. On ne sait pas encore quels souvenirs vont être créés avec ces nouvelles tenues.

Alors, quel sera le maillot culte de 2026/2027 ?

Il faudra attendre un peu avant de le savoir. Pour l’instant, les championnats reprennent, les joueurs vont retrouver les pelouses et les supporters vont enfin pouvoir juger les nouveaux maillots autrement que sur des photos de présentation.

Dans quelques années, certains de ces modèles nous sembleront peut-être complètement datés. D’autres auront pris une tout autre dimension. On les recherchera parce qu’ils rappelleront une saison particulière, un joueur ou un moment de football.

C’est finalement ce qui me plaît dans les maillots vintage. On peut discuter pendant des heures de leur design, de leur coupe ou de leur sponsor. Mais ce qui leur donne réellement leur valeur, c’est ce qu’ils représentent. Un maillot peut rappeler une équipe que l’on regardait enfant, un joueur que l’on admirait ou une saison que l’on n’oubliera jamais.

Alors que la saison 2026/2027 commence, les futurs souvenirs sont déjà en train de s’écrire. Et dans quelques années, certains des maillots que l’on découvre aujourd’hui seront peut-être ceux que nous chercherons avec nostalgie.

C’est ça aussi, le football : on ne sait jamais vraiment quel moment deviendra un souvenir. Et encore moins quel maillot finira par l’accompagner.

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